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Année internationale du microcrédit - Les résultats de l’étude d’impact

· L’épargne augmente de 4,4% par an en moyenne
· La qualité de vie s’améliore
· La création d’emplois reste marginale


Le microcrédit n’est pas ce conte de fées où chacun dit adieu à la pauvreté et la vulnérabilité économique. Pas en une année en tout cas.

C’est un système qui vous aide à survivre, à maintenir la barre économiquement, à condition d’y adhérer dans le moyen et long termes. L’impact le plus important se ressent sur la qualité de vie. Il améliore la vie du foyer bénéficiaire. Ce système facilite l’alphabétisation, la sensibilisation et l’éducation.
L’étude présentée aujourd’hui lors du lancement de l’année internationale du microcrédit à Rabat, confirme ces tendances. Il s’agit de la première évaluation de l’impact de la microfinance au Maroc.
Quel effet ont eu ces 2,2 millions de petits prêts accordés en plus de cinq ans à quelque 400.000 personnes?

L’enquête est réalisée auprès de 1.287 bénéficiaires dans 7 régions du Maroc et 11 associations de microcrédit (AMC).

Ce “service financier” aux plus défavorisés aide à sortir de la pauvreté, à créer et soutenir une activité économique. Mais dans une envergure beaucoup plus modérée que celle imaginée. Si les prêts sont plus nombreux en période de forte activité économique, ils remplissent souvent la fonction le “lissage des revenus”. D’ailleurs, près des trois quarts de l’échantillon ont eu à affronter un imprévu. Les problèmes de santé en représentent la moitié.

Une année de participation au microcrédit, indique l’étude, augmente les profits de 4,4%. Les clients anciens améliorent de 3,3% leur contribution au budget du ménage. L’épargne augmente annuellement d’à peu près 4%. Les moins “riches” économisent le plus.

Plus le bénéficiaire est ancien, plus il améliore sa rentabilité même si l’évolution reste marginale tant en absolu qu’en pourcentage. Car c’est de petites échelles qu’il s’agit.

De même les investissements, en une année d’adhésion au programme, augmentent en moyenne de 5,5% par an et permettent d’acquérir des stocks. Les équipements et les projets de transformation durable sont rares (15%).

Les clients les plus anciens ont investi en une année 3.400 DH, contre 2.500 pour les moins anciens et les plus récents. Moins d’un tiers des clients ont vu leurs actifs augmenter durant les 5 dernières années.

· Peu de création d’emplois

Moins de 5% de l’échantillon ont embauché de nouveaux employés. Et très peu ont démarré une nouvelle activité ces deux dernières années. Moins d’une microentreprise sur cinq emploie de la main-d’œuvre à plein temps et 12% ont des employés à mi-temps. Le reste, c’est-à-dire plus des trois quarts, sont leur propre patron. L’impact sur la création d’emplois est très faible. “La majorité des clients n’ont observé aucune transformation de leur activité ces deux dernières années. 29% ont développé de nouveaux produits et 25% amélioré la qualité des produits existants”, ajoute l’étude.
Le microcrédit est un moyen qui permet aux plus touchés de survivre, comme les petits agriculteurs, considérés parmi les moins solvables. C’est d’ailleurs la principale raison de l’appui direct du gouvernement au secteur.

· Payer plus pour plus de crédits

Les associations de microfinance doivent aujourd’hui répondre à des questions de stratégie, de risque d’instrumentalisation du secteur, de taux élevé, et d’un taux de recouvrement exceptionnel, si proche de l’absolu que des experts se demandent ce que cela cache.
Mais n’en déplaise à ces experts, les clients en redemandent. Selon l’étude, les bénéficiaires sont prêts à payer un taux d’intérêt plus élevé pour des crédits plus importants.
Avec les perspectives d’évolution, le secteur doit encore sécuriser son domaine d’intervention. La microassurance, la microépargne, le microcrédit logement sont de nouveaux outils inscrits au programme de cette année. Ils seront peut-être salvateurs pour les petites bourses. Mais attention aux dérapages. Bank Al-Maghrib, que la nouvelle loi bancaire nomme superviseur du secteur, est là pour veiller au grain.

Casablanca,28Février2005
Mouna Kadiri
L'Economiste


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