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L'espace méditerranéen, un enjeu essentiel

Par Francis GHILES

Francis Ghilès est membre de l’Institut européen de la Méditerranée (Iemed). Situé en Espagne, l’Iemed est une sorte de think thank qui agit en tant qu’observatoire des politiques méditerranéennes.

Ghilès a été durant de longues années le spécialiste du Maghreb pour le quotidien britannique Financial Times. Il a donné et donne de nombreuses conférences et analyses sur le monde arabe et la Méditerranée

La Méditerranée constitue, tant du point de vue stratégique qu’économique, un enjeu essentiel pour l’Europe occidentale. Mais cette mer est une frontière vulnérable, une frontière qui est en passe de devenir une ligne de fracture profonde entre deux mondes. C’est une fracture dont les plaies suppurent: migrants noyés par milliers sur les côtes de Lampedusa et d’Andalousie; économie souterraine de contrebande et de blanchiment de l’argent de la drogue, arrivée massive de la misère africaine. Un million d’Africains subsahariens errent sans papiers en Libye où 100.000 nouveaux arrivants grossissent le flot chaque année. Ils sont 300.000 dans ce cas en Algérie. Dans dix ans, on brûlera des voitures dans les faubourgs de Rabat et d’Alger et le sida fera des ravages si les dirigeants européens et nord-africains se montrent incapables de mener une politique à la hauteur des enjeux.

· Un espace marginalisé

L’espace économique méditerranéen est, à l´échelle du globe, de plus en plus marginalisé, malgré l’importance des flux d’hydrocarbures et de touristes. La majorité des pays partenaires de l’Union européenne (UE) dans la région ne semblent ni capables ni surtout désireux de mener à bien une réforme profonde de leur système de gestion économique et politique. Chez de nombreux peuples de la rive nord, l’appréhension grandit devant les conséquences d’une mondialisation à laquelle leurs élites ne les ont guère préparées. S’y développe une peur diffuse de l’autre -le musulman-, sentiment attisé par le terrorisme et la révolte sociale des jeunes chômeurs français.

Sur les deux rives, de nombreux médias irresponsables réduisent un tissu de relations humaines, économiques et culturels d’une grande densité parce que tissés depuis des générations, à quelques clichés dont l’impact télévisuel offre un précieux soutient à ceux qui mettent leurs espoirs en Jean-Marie Le Pen et ces «soldats d’Allah» soucieux d’en découdre avec l’Occident. En 1994 déjà, l’actuel président de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur pouvait écrire: «A l’étage noble on discute avec Washington, avec les quartiers chics de l’ouest, pas avec les banlieues du sud». Michel Vauzelle, cet ancien ambassadeur de France, ne croyait sans doute pas si bien dire. Depuis 1990, rien ne semble avoir changé.

L’Espagne avait déjà fait un gros effort en 1995, appuyée plus par le chancelier Kohl que par le président Mitterrand. Aujourd’hui encore, la diplomatie espagnole tente de convaincre l’Europe tout entière qu’il serait peut-être temps de discuter avec le Sud «à l’étage noble». Le 28 novembre, à la fin de la semaine prochaine, s’ouvre à Barcelone une conférence de chefs d’Etat qui tentera de relancer un processus commencé dans cette ville qui, il y a dix ans, avait suscité beaucoup d’espoirs.

Le manque d’impulsion politique explique pour une part, selon les propres mots du ministre espagnol des Affaires étrangères, Miguel Angel Moratinos -dans un rapport à la Commission européenne rédigé en 2000, pourquoi la politique européenne s’est égarée dans un labyrinthe fait d’une «myriade de micro-actions/projets».
Une autre raison, peu évoquée, tient au fait que les débats sur l’économie de la Méditerranée sont empreint d’une langue de bois institutionnalisé et sont souvent devenus le dernier refuge du tiers-mondisme.

· Patriotisme ou trafics criminels?

Deux exemples peuvent éclairer mon propos: la culture du haschich rapporte environ 300 millions d’euros aux producteurs rifains chaque année. Ce haschich rapporte 12 milliards d’euros à sa vente en Europe, dont on estime que 8-9 milliards restent sur le vieux continent.

Les producteurs touchent donc à peine le dixième de ce que leur production rapporte au Maroc intra-muros. Environ 40% des sommes rapatriées par les MRE dans le Royaume seraient de l’argent de drogue blanchi.
Face à ces sommes que pèsent les 12 milliards d’euros prêtés par la Banque européenne d’investissement à tous les pays partenaires méditerranéens? Que pèsent ces milliards d’aide consenti au titre du programme Meda depuis… 1995?

Pourquoi nous vante-t-on le patriotisme des émigrés marocains alors qu’il s’agit de trafics criminels? Les estimations de fuite de capitaux pour tous les pays partenaires sont de l’ordre de 200 à 250 milliards d’euros, dont une bonne moitié provient de l’Afrique du Nord. L’Algérie, suivie par la Libye arrive en tête mais ni le Maroc ni la Tunisie ne sont en reste. Pourquoi alors ces jérémiades incessantes des responsables du Sud se plaignant de la modestie des aides de l’UE. Quand tentera-t-on d’intégrer sérieusement dans les flux d’échanges ces sommes considérables? Pour tout dire, les discussions sur le partenariat prennent souvent l’allure de spectacle de «karaghöz», sauf à reconnaître que ces marionnettes de l’époque ottomane étaient d’une qualité infiniment supérieure aux débats qui jalonnent les séminaires trop bon chic bon genre de l’Euromed.

L’UE et les pays du nord quant à eux persistent et signent: ce sont des accords de libre-échange qu’ils ont signé avec la plupart des pays partenaires. Mais il n’y a ni liberté de vendre des produits agricoles, ni liberté de mouvement des personnes. Alors pourquoi ne pas les affubler d’un nom qui corresponde plus à la réalité des choses?

Le décalage entre les discours des élites européennes et sud-méditerranéennes et la réalité vécue par les peuples du sud de la Méditerranée n’est pas nouveau. Mais, à l’heure des paraboles, des chaînes de télévision panarabes et des blogs, il est de plus en plus difficile à supporter au moment même où la croissance dans les pays arabes répond de moins en moins aux espoirs d’une augmentation régulière et équitablement répartie du pouvoir d’achat.

Trop souvent la corruption gangrène les systèmes -tant au sud qu’au nord; les grands pays occidentaux mettant en avant leurs intérêts immédiats- grands contrats, sécurité d’approvisionnement énergétique, crainte de «déstabiliser» les systèmes politiques, nécessité de financer les grands partis occidentaux, pour tairent leurs réticences face aux pratiques des régimes en place.

Traditionnellement l’empire britannique et à sa suite les Américains appuyèrent le développement d’élites islamistes -pour contrer le communisme, tout autant que les régimes laïques. Les dérives de cette politique sont bien connues. Dans un contexte où prendre les armes dans le monde musulman fait courir à ceux qui le font le risque d’être assimilé à Al Qaida, où l’action politique libre est impossible, que peuvent faire les jeunes et les cadres des pays du sud: fuir en Europe.
Ce mouvement prendra de l’ampleur quelles que soient les mesures que prendront l’Europe et les pays partenaires méditerranéens. Ce n’est pas du tout le scénario qui était envisagé à Barcelone en 1995. Mais comme le dit l’adage américain It is the only game in town, le seul qui en vaille la chandelle.

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Une déception, trois raisons

Pourquoi ces espoirs mis dans l’Euromed ont-ils été déçus? Pour trois raisons.


- La première déception est que les peuples n’ont pas été conviés au banquet. Les pays membres de l’UE ont appliqué des règles très sévères en ce qui concerne la délivrance des visas, notamment en Afrique du Nord où des millions de personnes ont des liens anciens -familiaux, de travail et d’amitiés- avec la rive nord. Que de chercheurs du sud invités tous frais payés en Europe à des séminaires scientifiques et qui, faute de visas, n’ont pu franchir le mare nostrum («Notre mer» en latin)? La gestion des visas par ces temps de terrorisme est un exercice difficile mais les pays de la rive nord se sont montrés maladroits, pour ne pas dire incapables, de gérer un mouvement tant soit peu fluide des élites représentatives entre le nord et le sud, ce avec un minimum de courtoisie et d’humanité.
L’humiliation personnelle profonde que constituent les démarches de demandes de visa marquera pour longtemps de nombreux médecins, enseignants, chercheurs, journalistes et cadres qui n’ont pas accès aux visas de longue durée -aux véritables passe-droits que l’Europe offre, avec combien de complaisance, aux «nomenklaturas» qui ont de solides comptes en banque en Europe et, semble-t-il, pour principale activité, d’exporter du capital illégalement vers les capitales européennes où ils font leur shopping.

- La deuxième déception tient à ce que l’on ait institutionnalisé le dialogue culturel. Or, s’il est un espace de relative liberté dans les pays partenaires méditerranéens, c’est bien ici qu’on le trouve. L’UE a bâti des réseaux à l’infini, couvrant des sujets multiples mais qui tous passent par les institutions des Etats du sud ou d’ONG qui n’ont de non-gouvernemental que l’apparence. Il est frappant de constater que l’âge moyen des éminences qui fréquentent les réunions où l’on discute de culture est souvent le double de celui des jeunes de moins de trente ans qui constituent les deux tiers des populations des pays du sud. En tombant dans ce piège, l’UE s’est interdit d’avoir un quelconque impact dans un domaine essentiel, ce qui d’autant plus grave que le métissage de la culture contemporaine rend de nombreux artistes également populaires sur les deux rives.

- La troisième déception -le mot n’est pas assez fort, il faudrait parler d’échec- touche au domaine économique tant il est vrai qu’une croissance économique plus robuste au sud, mais aussi dans les pays européens qui bordent la Méditerranée aurait aidé à surmonter bien des obstacles.
Les grandes villes marchandes, Alexandrie, Venise, Florence, Barcelone, Londres ont traditionnellement véhiculé richesse, culture et liberté. L’Espagne n’est pas ici en cause, dont le rythme de croissance reste solide mais tel n’est pas le cas en France et en Italie. Dans ce domaine, il faut simplement constater que la Jordanie, la Tunisie et un moindre degré le Maroc sont les seuls dont la gouvernance économique se soit quelque peu améliorée depuis 1995. Les aides et prêts qu’offre l’UE dans le cadre de sa politique méditerranéenne sont bien modestes mais il est impossible d’en mesurer l’impact car aucun instrument indépendant n’existe qui permettrait de le faire. Sans doute la qualité des politiques nationales explique, hier comme aujourd’hui, pourquoi certains pays connaissent une croissance plus rapide et, surtout, plus régulière, que d’autres. La politique européenne souffre plus que jamais d’une insuffisante hiérarchisation des priorités, d’une multiplication des initiatives et trop de projets sans cohérence auxquels s’ajoutent les rivalités Sud-Sud (la rivalité entre l’Algérie et le Maroc, la politique de la Libye) et l’hétérogénéité des partenaires sud-méditerranéens qui rendent la coopération intrarégionale très difficile.

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Elites décrédibilisées

Barcelone avait de grandes ambitions, et les temps sont durs: mais, souvenons-nous des évènements d’Ukraine, il y a un an qui ne sont pas seulement la conséquence d’une maturité plus grande du peuple ukrainien et des erreurs de calcul du président russe Vladimir Poutine. Ils sont tout autant le fruit d’un appui fort tant en Europe qu’aux Etats-Unis pour un processus de démocratisation -appui public manifesté par les dirigeants occidentaux, présence de 12.300 observateurs venus des pays de l’OSCE et attention soutenue des grandes médias.

A contrario, les élections récentes au Maghreb et en Egypte n’attirent que peu de médias internationaux et une présence réduite d’observateurs venus pour l’essentiel de la Ligue arabe ou de l’Organisation des Etats africains qui ne sont guère des parangons de vertu démocratique.

Le décalage entre le discours des élites des grands pays occidentaux et leur pratique face à la gestion de l’économie et des élections dans les pays partenaires méditerranéens contraste fortement avec l’engagement de ces mêmes élites en Géorgie voici deux ans et plus récemment en Ukraine. Le décalage entre le discours des élites arabes adoubés (élites, soulignons-le, qui restreignent les libertés) a fini par «délégitimer le rôle de ces mêmes élites aux yeux de leur. peuple.

Casablanca,21Novembre2005
Francis Ghilès
L'Economiste


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