A
- Agencement de
Magasins
- Agences de Publicité
- Agences de Voyages
- Alimentation &
Boissons
- Appartements
Meublés
- Architectes
- Architecture
Intérieure / Décoration
- Artisanat
- Assurances


B
- Banques
- Beauté
- Bijouteries


C
- Cafés
- Commerce
- Consultants


D
- Décoration &
Ameublement
- Décoration Extérieure


E
- Environnement /
Traitement Déchets
- Equipements de
Bureaux / Electronique
- Equipement : service
alimentaire, traiteur,
cuisine, blanchisserie


F
- Fleuristes


H
- Hotels 3
- Hotels 4 & 5


I
- Immobilier
- Imprimeries
- Industrie
- Informatique
- Internet


L
- Location de voitures
- Loisirs
- Luminaires


M
- Médias
- Messageries Rapides


P
- Patisseries Orientales,
Patisseries, Chocolats


R
- Restaurants


S
- Securité
- Santé / Technologie
- Services Financiers
- Supermarchés


T
- Télécommunication &
Téléphonie
- Transport










 


 
Retour aux Archives Retours aux infos
English Version

Clash des civilisations ou des ignorances ?

L’affaire des caricatures du Prophète Mohamed, initialement publiées par un quotidien danois conservateur le 30 septembre 2005, et reproduites ensuite par plusieurs autres journaux européens, provoque, en terre d’Islam, sentiments d’indignation, explosions de colère et manifestations de violence.

Comme une boule de neige, le problème grossit démesurément de jour en jour, achevant de prendre les pourtours accidentés d’une confrontation obsédante et fantasmée entre Islam et Occident. Depuis les premières attaques anti-européennes perpétrées au Liban, en Syrie, en Iran et en Indonésie en réaction à la publication de ces dessins, blasphématoires pour les consciences musulmanes, d’aucuns y voient la confirmation insolente de la célèbre thèse du « clash des civilisations », élaborée, quelques treize ans auparavant, par le politologue américain Samuel Huntington.

Par-delà les caricatures par lesquelles le scandale est arrivé, se jouerait, selon cette lecture, un nouvel épisode de la confrontation entre deux entités présentées comme hermétiques et irréconciliables : la civilisation occidentale et son envers la civilisation musulmane ; là où la première consacre la liberté de l’individu comme une valeur fondatrice de la société moderne, la seconde balise le champ de celle-ci dans les limites tolérées par les péremptions religieuses.

Séduisante, cette lecture-réflexe n’en est pas moins réductrice et déformante. A la vérité, l’affaire des dessins du Prophète est surtout en passe de fournir aux courants fondamentalistes le prétexte pour brandir le spectre du complot que conduirait, selon leur vision paranoïaque du monde, l’Occident judéo-chrétien contre l’Islam. On sait désormais l’application qui est faite de ce paradigme par Al Qaîda : le terrorisme planétaire contre « l’alliance sioniste croisée ». Dans une perception du monde comparable, à l’envers, à celle du clash of civilisations, l’opuscule de Zawahiri - l’idéologue de la mouvance jihadiste - intitulé Cavaliers sous la bannière du Prophète, ce dessein apocalyptique est explicitement énoncé : « Libre de toute servitude envers l’empire occidental dominant, [la force du jihad] porte une promesse de destruction et de ruine pour les nouveaux croisés [qui se battent contre la terre d’Islam]. Elle a soif de vengeance contre les chefs de bande de l’impiété mondiale, les Etats-Unis, la Russie et Israël. » Et le mentor de Ben Laden d’ajouter : « Il faut se préparer à un combat qui n’est pas confiné à une seule région, mais qui est aussi bien l’ennemi apostat intérieur que l’ennemi judéo-croisé extérieur. » Si la nébuleuse Al Qaîda peine à inscrire l’adhérence souhaitée des masses musulmanes à son projet religieux totalitaire et suicidaire, son paradigme coulé dans le moule des croisades n’est pas moins populaire. Les raisons de cette affinité élective sont évidemment complexes et profondes ; elles mêlent dans une combinatoire, explosive in potentia, humiliation et hubris, religion et politique.

Ayant à traiter, dans son Journal du Docteur Faustus, du nazisme en Allemagne, Thomas Mann a livré une analyse lucide et courageuse ; elle est étonnement transposable au monde musulman, lequel est en proie, depuis plusieurs décades, à la dissémination en son sein du fondamentalisme : « L’évasion hors des difficultés de la crise culturelle au moyen d’un pacte avec le démon, la soif d’un esprit fier et menacé de stérilité, avide de secouer les entraves coûte que coûte, le parallélisme entre une euphorie vouée à l’effondrement et l’ivresse fasciste des masses. » Mutadis mutandis toutes choses égales par ailleurs, une « évasion hors des difficultés de la crise culturelle » est inscrite dans la matrice épistémique du sens commun que véhicule une grande partie de musulmans, prompts à déceler la « main de l’étranger » au surgissement de chaque problème interne.

Que l’on ne s’y trompe pas : les raisons internes sont au fondement de la crise qui frappe le monde musulman ; les facteurs externes (la politique coloniale d’Israël en Palestine, la guerre sur l’Irak, etc.,) dont il ne faut pas sous-estimer les conséquences désastreuses sur les musulmans, n’en sont, eux, que le catalyseur de celle-ci. Il en va ainsi de la publication par quelques journaux européens de caricatures islamophobes - au demeurant stupides et de mauvais goût. Celles-ci peuvent-être dénoncées et combattues, à juste titre, au moyen de la justice, de la critique..., du mépris ; elles ne sauraient justifier les appels à la haine et à la violence lancés par les coryphées de la « guerre de religions » en vestales effarouchées.

Le sujet de l’Islam d’aujourd’hui est pour l’essentiel un être de ressentiment : obstinément accroché à une histoire pensée comme finie mais répétitive, cherchant, selon une vision eschatologique, à ressusciter un temps advenu, il finit par se penser au-dessus des conditions historiques qui sont les siennes ; il est, pour reprendre la thèse de l’intellectuel tunisien Abdelwahab Meddeb, inconsolé de la destitution du monde islamique. De là la popularité en terre d’Islam de la Weltanschauung islamo-populiste, de cette vision du monde qui a pour paradigme la théorie du complot.

Pour renouer avec l’éthique aristocratique et l’ethos de l’affirmation qui furent les siens au temps où la civilisation musulmane savait se distinguer par sa tolérance, son savoir et ses splendeurs, le sujet musulman devra enfin effectuer son examen de conscience, accepter le désaccord avec l’Autre et admettre la liberté de penser. L’« Occident », pour sa part, devra cesser d’entretenir l’amalgame entre Islam et intégrisme, reconnaître l’alter ego que fut pour lui la civilisation musulmane tout au long de l’époque médiévale et en finir avec son arrogance intellectuelle au moins autant que politique.

Mohammed Hachemaoui

---------------------------------------------------------------------

Caricatures : le malaise des chrétiens libanais

Proche-Orient Les émeutes antichrétiennes qui ont suivi la publication de dessins satiriques du prophète de l'islam ont accentué les tensions religieuses au Levant.

LES CLOCHES de l'église Saint-Maron sonnent à toute volée. Les fidèles qui se pressent à l'office du soir dans ce bâtiment de pierre ocre du centre de Beyrouth se signent en passant devant la statue de la Vierge avec son auréole électrique. Les femmes sont élégantes. L'on se salue dans ce mélange de français et d'arabe en usage dans les milieux maronites aisés d'Achrafiyeh, le quartier chrétien de Beyrouth. Dans les travées, les jeunes filles en jean moulant coulent quelques regards furtifs vers les garçons, alors que la messe commence.

Pourtant, la Saint-Maron, fête du patron de la principale église chrétienne du Liban, se teintait hier d'une inquiétude mêlée de soulagement. Le dimanche précédent, l'irruption au cœur d'Achrafiyeh de milliers de manifestants musulmans sunnites déchaînés a fait souffler un vent de terreur dans une partie de la communauté chrétienne, alors que l'église Saint-Maron recevait des volées de pierres jetées vers ses vitraux. La manifestation n'était à l'origine dirigée que contre le Danemark, accusé d'avoir laissé publier des caricatures du prophète Mahomet, et dont le consulat est situé au cœur du quartier chrétien de Beyrouth.

Mais les questions religieuses prennent au Liban plus qu'ailleurs une importance politique capitale, tant l'équilibre précaire entre les différentes confessions reste le gage de survie de l'État libanais. «Au début, la police a essayé d'empêcher les manifestants de s'engager dans la rue Tabaris, raconte un photographe présent au moment des faits. Des grenades lacrymogènes ont fait un moment reculer la foule, mais les manifestants sont revenus avec encore plus de force, et les policiers ont été débordés.»

Malgré les efforts de quelques religieux sunnites qui tentent de les arrêter, les manifestants musulmans déchaînés se répandent alors dans les rues d'Achrafieh. «Ils ne savaient pas où était le consulat du Danemark, alors ils ont commencé par traverser tout le quartier, en demandant leur chemin aux gens, raconte une habitante. Quand ils ont fini par revenir vers le consulat, ils étaient comme fous: leurs cheiks ne parvenaient pas à les arrêter. Je les ai aspergés avec de l'eau bénite depuis mon balcon, il n'y avait plus que ça à faire», dit cette chrétienne fervente.

En bas, les vitres de la banque Lati, qui occupe le rez-de-chaussée, sont défoncées, et les émeutiers déversent de l'essence dans l'immeuble avant d'y mettre le feu. «Ils étaient partout dans les rues, ils cassaient les voitures! Nous avons cru que notre dernière heure était arrivée quand on les a entendus casser la porte vitrée du hall et monter dans les étages», dit une habitante de l'immeuble voisin. «Heureusement, la dame du dessous leur a ouvert en se mettant un foulard sur les cheveux et en leur expliquant qu'elle était musulmane. C'est grâce à Dieu que l'incendie a été évité», dit-elle.

Quelques jours après l'incident, la façade calcinée du centre Tabaris 812 fait encore ralentir les automobilistes. Juste à côté, le coiffeur «Gaby» regrette qu'une partie de sa clientèle ne vienne plus aussi régulièrement. «Mais le plus important, c'est que ni la police ni les habitants d'Achrafiyeh n'aient riposté. Ça aurait été un bain de sang, de part et d'autre», dit-il. «Moi, ça m'a tout de suite fait penser à l'incident du bus d'avril 1975», dit une dame assise dans le salon de coiffure. Le mitraillage de ce bus chargé de Palestiniens par des miliciens chrétiens dans un quartier sud de Beyrouth est considéré comme l'événement déclencheur de la guerre qui allait durer plus de quinze ans et ravager le Liban. «Heureusement que tout le monde a bien réagi.»

Depuis l'émeute, le ministre de l'Intérieur a présenté sa démission, et plus de deux cents suspects ont été arrêtés et déférés à la Justice.

Des représentants de toutes les confessions libanaises se sont succédé au début de la semaine chez les archevêques maronite et grec orthodoxe, Mgrs Boulos Matar et Elias Audeh, pour marquer leur solidarité, et réaffirmer l'attachement de tous au principe multiconfessionnel. Mais la défaillance de l'armée libanaise, avec l'irruption au cœur du quartier chrétien, qui n'avait jamais été envahi pendant la guerre civile, de pillards musulmans, reste un symbole inquiétant pour beaucoup de chrétiens.

«Achrafiyeh a été violée symboliquement et physiquement par ces manifestants», dit le père Richard Abou Saleh à la fin de la messe à Saint-Maron. «Mais c'est avant tout un événement politique, et pas du tout religieux», explique le secrétaire général du patriarcat maronite. Pour lui, le plus important a été la réaction des habitants chrétiens d'Achrafiyeh. «S'ils n'avaient pas été raisonnables, une nouvelle guerre aurait pu éclater.

Mais heureusement, tous ont été à la hauteur. Reste que cet incident doit servir de prise de conscience, et faire se réveiller la majorité au pouvoir, qui doit mettre fin à cette faillite de l'État.»

Alger,13Février2006
Rédaction
El Watan


Géographie
Quelques Repères
A Voir en Jordanie
Vue d'Ensemble
Foires & Salons
Adresses Utiles
Médias de 1stjordan
Impact de 1stjordan
La 1stjordan Card
Revue de Presse
Traçabilité fruits et légumes, Gestion commerciale fruits et légumes, Etiquetage fruits et légumes
www.informia.fr
Exotica - Fleuriste Vente en ligne
www.exotica.com.lb
Ingénierie et Conseil Liban
www.spectrumlb.com
Bijouterie Liban
www.nsoulijewelry.com
Hotel à Beyrouth, Liban
acropolishotel.com
Location vacances
maisons-vacances.fr
Agence web France, Déploiement Drupal
ebizproduction.com
Arab Printing Press Liban
www.arab-printing-press.com
Hotel Beyrouth Liban
www.hotelcavalier.com
Hotels en Syrie
www.chamhotels.com