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Le FMI peine à se réformer pour s'adapter au XXIe siècle

L'institution refuse de devenir une police des taux de change

Le FMI, en quête d'une nouvelle légitimité, a constaté samedi à Washington l'ampleur des divergences qu'il lui reste à surmonter pour mettre en œuvre sa réforme interne visant à lui conférer de nouvelles missions et à donner davantage de poids aux pays émergents. Un premier toilettage de l'institution de Bretton Woods née il y a 61 ans a été réalisé en septembre à Singapour, lors de sa précédente assemblée.

Les droits de vote (quote-part) de quatre pays, et donc leur influence sur les prises de décision, ont été légèrement relevés. Il s'agit de la Chine, de la Corée du Sud, du Mexique et de la Turquie.

Mais ce premier pas est resté largement cosmétique. Le FMI travaille depuis, dans la douleur, à un compromis sur une révision globale des critères retenus pour calculer le poids des 185 pays adhérents. L'idée est de tenir compte de l'essor économique depuis la guerre des grandes économies émergentes, en Asie ou en Amérique latine, et dans une moindre mesure de donner un peu plus voix au chapitre aux pays en développement.

Les États-Unis sont les premiers à rechigner à voir leur rôle diminuer au sein d'une institution qu'ils dominent largement depuis un demi-siècle. L'Europe n'est pas non plus en reste. Tous deux s'efforcent de limiter au maximum la perte d'influence qui découlera logiquement de la refonte.
Les pays européens, qui ont refusé de n'avoir qu'un siège sur les 24 que compte le conseil d'administration du FMI, et les États-Unis, détiennent ensemble près de la moitié des droits de vote. Des pays européens comme la Belgique et les Pays-Bas ont davantage de poids qu'une nation comme l'Inde.

La discorde porte sur les critères retenus pour évaluer le poids des différents pays.
La Chine, au diapason des autres grands pays émergents, a répété samedi qu'il fallait « prendre en compte en premier lieu le produit intérieur brut ». Ce qui l'arrange.

Les « petits » pays, comme les Pays-Bas, souhaitent qu'on regarde aussi le « degré d'ouverture » des économies.

« Il y a un groupe de pays qui souhaite maintenir le statu quo, des pays qui ont moins de croissance, dont les perspectives économiques sont moins bonnes, mais qui veulent conserver une participation qui date de 40 ou 50 ans quand ils étaient importants », a sèchement rétorqué le ministre brésilien des Finances, Guido Mantega.

Les nouvelles tâches à donner au FMI sont aussi sources de division.

Avec la forte croissance mondiale que connaît la planète, il n'y a plus de crise financière à gérer pour le Fonds. Les pays d'Asie et d'Amérique latine, jadis sous sa tutelle, ont largement remboursé leur dette, ce qui du reste pèse sur ses finances internes puisque celles-ci sont en partie alimentées par les intérêts sur les prêts accordés.

Les États-Unis ont mis la pression samedi lors de l'assemblée de printemps. Le secrétaire au Trésor Henry Paulson a exhorté le FMI à davantage faire la police à l'encontre des pays soupçonnés de manipuler leur taux de change pour obtenir un avantage commercial, avec la Chine en ligne de mire.

Mais le Fonds, confronté aux divergences en son sein sur ce sujet sensible, a opté pour une ligne prudente. Les travaux du FMI ne doivent pas aboutir à des recommandations « contraignantes, le dialogue et la persuasion doivent rester les principaux piliers d'une surveillance efficace », dans ce domaine, a souligné le comité dans un communiqué. En outre, le FMI devra juger de la situation dans les différents pays en fonction de leur contexte national particulier et faire preuve d'« équité ». Les pays d'Asie entendent en effet limiter au maximum les prérogatives du FMI. « Le FMI ne doit pas surestimer l'importance des taux de change », a dit la vice-gouverneur de la Banque de Chine, Hu Xiaolian.

Marseille,16Avril2007
Rédaction
L'Orient-Le Jour


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