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Les Irakiens, boucs émissaires des problèmes économiques de la Jordanie ?

Avec 500 000 à 700 000 réfugiés, le royaume hachémite est le second pays d’accueil, après la Syrie

Avec 500 000 à 700 000 réfugiés, la Jordanie est le second pays d’accueil, après la Syrie, pour les Irakiens fuyant les violences. Si certains, dotés d’un niveau correct de ressources financières, ont réussi leur installation, pour d’autres la vie est bien plus précaire.

Côté jordanien, l’afflux de réfugiés n’est pas sans poser de problèmes, et le royaume a récemment durci les conditions d’accès à son territoire. Mais si les Irakiens sont souvent blâmés pour la plupart des problèmes économiques auxquels doit faire face la Jordanie, pour certains experts, les Irakiens ne sont que des boucs émissaires.

Des salades de concombres et de tomates dans lesquelles on pioche collectivement, l’odeur des épaisses galettes de pain cuites au four, le tableau accroché au mur représentant des pêcheurs dans les marais... Le petit restaurant respire l’Irak. Un Irak vivable, car déplacé.

« Nous avions un restaurant à Bagdad, mais, en raison de la situation sécuritaire, petit à petit, nous avons dû fermer », explique Ouss Mueem Qoraichi, manager du restaurant baptisé al-Anbar, ouvert il y a deux ans à Amman. « Nous avons choisi ce nom, car il renvoie directement à l’Irak », explique Ouss, 25 ans, père de deux enfants. Al-Anbar est l’une des provinces sunnites où l’insurrection contre les forces américaines a été la plus violente. La famille Qoraichi n’est pas originaire d’al-Anbar, mais de Mansour, un quartier mixte à Bagdad. Si le restaurant n’a pas été directement menacé, la famille de Ouss, qui résidait dans la partie chiite d’al-Mansour, a découvert, un matin de 2000, une lettre accrochée à la porte de la maison lui intimant l’ordre de quitter les lieux. « Nous ne savions pas si la menace était authentique ou non, mais nous n’avons pas pris de risques. Nous avons plié bagage. »

Pour la famille Qoraichi, la Jordanie était une destination d’exil évidente, le père de Ouss ayant établi des relations commerciales avec Amman depuis les années 90. « Au début, ce n’était pas facile de s’installer ici, mais avec le temps on s’est habitué », explique Ouss. L’installation des Qoraichi a été facilitée par l’obtention d’une carte de résident en Jordanie. Précieuse carte obtenue quand Ouss a ouvert un bureau d’immobilier et déposé une garantie de 100 000 dollars auprès d’une banque jordanienne. Son père, lui, a fait l’acquisition d’un appartement d’une valeur de 100 000 dollars.

Selon le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), entre 100 000 et 150 000 Irakiens ont décroché une carte de résident. En ce qui concerne le total des réfugiés irakiens présents en Jordanie, il n’existe pas de statistique exacte. Le gouvernement avance le chiffre de 700 000, le HCR estime leur nombre entre 500 000 et 750 000. Face à l’ampleur de ce chiffre, surtout pour un royaume qui compte 6 millions d’habitants, la Jordanie a durci les conditions d’accès à son territoire pour les réfugiés irakiens. Ceux qui veulent fuir les violences doivent notamment désormais demander un visa à l’ambassade de Jordanie en Irak et disposer d’un passeport récent, difficile à obtenir à Bagdad. « Les nouvelles règles ne sont pas claires, explique toutefois Rana Sweis, chargée des relations publiques au bureau du HCR à Amman. Mais ce qui est certain, c’est que les conditions d’accès au territoire jordanien sont désormais plus difficiles. »

Une fois en Jordanie, le parcours du combattant des réfugiés irakiens n’est pas terminé pour autant. Aujourd’hui, seulement 49 000 d’entre eux sont enregistrés en tant que demandeurs d’asile politique auprès du HCR. Un enregistrement qui n’accorde que le statut d’« invité » et non celui de « réfugié » aux Irakiens. « Nous avons seulement obtenu qu’en cas d’arrestation de réfugiés enregistrés, les autorités entrent en contact avec nos bureaux pour que nous étudions leur cas », souligne Mme Sweis.

Les pauvres et la classe moyenne

Adnan Ghanem, 47 ans mais dont le visage buriné en paraît dix de plus, est l’un de ces réfugiés enregistrés auprès de l’ONU. Le document plastifié l’attestant, rédigé en arabe et en anglais, est disposé dans une pochette qu’il porte autour du cou, tel un talisman. Pantalon bouffant d’un gris douteux tombant sur des chaussures trouées, chemise noire délavée et keffieh rouge noué autour de la tête, Adnan fait partie de ces réfugiés irakiens qui, contrairement aux Qoraichi, surfent avec la misère. Depuis 2 ans, il déambule avec un vieux caddie dans les allées du souk du vieil Amman pour livrer les commissions des acheteurs. Chaque jour, il engrange entre 2 et 3 dinars. À la fin du mois, il doit débourser 75 dinars pour une chambre louée dans un appartement qu’il partage avec un cousin. Adnan vient de Gourna, dans le sud de l’Irak. Au pays, ce chiite travaillait comme pêcheur et était propriétaire de deux barques. Son affaire a décliné quand les Américains ont limité l’accès au Chatt el-Arab. « En Irak, la vie est très dangereuse, ici, en Jordanie, la vie est très difficile, explique Adnan. Du HCR, je n’ai reçu que cette carte, mais pas d’aides. » « L’un de nos principaux problèmes, aujourd’hui, sont les populations pauvres et de classe moyenne. Souvent, ces dernières ne pensaient pas que leur séjour en Jordanie s’éterniserait autant. Leurs économies commencent à s’épuiser. Actuellement, nous cherchons des moyens, avec d’autres ONG, de leur apporter une aide », explique Rana Sweis. En attendant, Adnan compte sur la solidarité. « Aujourd’hui, ce sont les gens qui m’aident, les marchands me donnent des légumes, les Jordaniens sont des frères », affirme-t-il.

Les Jordaniens sont peut-être des frères, mais comme dans toutes les familles, les relations peuvent être tendues. « Je sais que les temps sont durs pour les Irakiens, qu’ils vivent dans la peur d’un raid des services de l’immigration. Mais nous, Jordaniens, sommes aussi victimes de leur présence », explique Mohammad Rawad, un vendeur de légumes du souk. « Les réfugiés ne sont pas tous comme Adnan. Certains ont énormément d’argent. Ils débarquent, remplissent leur sac de légumes, ne demandent même pas le prix et ne négocient pas. Ils achètent des terres, des appartements. Et ici, les prix explosent », ajoute le commerçant. « Honnêtement, entre les pauvres comme Adnan, et même s’il est chiite et donc coresponsable de la chute de Saddam Hussein, et les riches, je préfère les pauvres, car les autres nous détruisent », lâche Mohammad.

Nombreux sont ceux, en Jordanie, prompts à blâmer les Irakiens pour les problèmes d’ordre économique auxquels fait face le royaume. « L’impact des réfugiés irakiens sur l’économie jordanienne est un sujet à controverse », souligne Hani Darwich Khalili, membre du comté directeur de la Chambre de commerce d’Amman. Cette affirmation de départ lancée, le discours de M. Khalili laisse toutefois peu de place à la controverse. Selon lui, l’achat de terres et d’appartements par les Irakiens est responsable de la hausse des prix. Une hausse qui, si elle profite aux vendeurs, « pénalise la jeune génération qui ne peut plus s’acheter d’appartement ». « Les Irakiens représentent également une concurrence pour les Jordaniens sur le marché du travail », affirme-t-il. Dans un pays qui, comme la Jordanie, manque de ressources, notamment en eau et en pétrole, la présence des réfugiés ne manquera pas non plus, selon lui, d’avoir un impact en terme d’utilisation des infrastructures. « Nous n’avons que deux jours par semaine d’alimentation en eau. À ce niveau, le poids des Irakiens va se faire sentir », explique-t-il, même si, aujourd’hui, il reconnaît que la situation n’a pas changé. « Les enfants irakiens ont également accès, depuis juillet, aux écoles jordaniennes, le nombre d’élèves va augmenter. En conséquence, la qualité de l’enseignement va baisser », assure M. Khalili. Plus globalement, affirme-t-il, se pose le problème de la confiance. « Entre nous, Jordaniens, nous nous faisons confiance, nous nous connaissons. Les Irakiens, on ne les connaît pas, comment avoir confiance en eux ? »

Les récriminations de M. Khalili ne se limitent pas au secteur économique. « Les Irakiens posent un problème en terme de sécurité. Certains Irakiens sont des gens bien, mais il est difficile de filtrer », assure-t-il. En Jordanie, le souvenir des attentats perpétrés en novembre 2005 contre des hôtels de la capitale par des kamikazes irakiens est toujours vivace dans les esprits. « Enfin, les Irakiens ont leur propre culture, ce sont des gens plus agressifs, en raison de leur histoire, que les Jordaniens », assure M. Khalili. Et la conclusion de tomber, évidente : « Globalement, les réfugiés irakiens sont plus un problème qu’une bénédiction. »

Des problèmes endémiques

Cette vision des choses, le Dr Yusuf Mansur, un économiste indépendant, la rejette en bloc. Point par point. « Il n’y a aucune preuve que l’afflux de réfugiés ait un impact sur l’inflation », déclare-t-il d’emblée. « Le marché de l’immobilier est hautement spéculatif en Jordanie. Le problème n’est pas que les Irakiens arrivent et achètent à haut prix. Les prix grimpent en raison des attentes des vendeurs. Les Irakiens n’ont contribué qu’à hauteur de 3 % aux mouvements sur le marché de l’immobilier », souligne l’expert. S’il reconnaît que l’afflux de réfugiés implique une hausse de la demande, M. Mansur rappelle que cette situation n’est généralement que de court terme, le marché répondant à cette demande. « Le problème, en Jordanie, est que la production de base est trop faible. La Jordanie importe et, en raison de l’appréciation de l’euro face au dollar, les prix grimpent », explique M. Mansur. L’inflation est également liée à l’augmentation des prix du pétrole et à ceux des produits de base, en raison notamment de la politique agricole protectionniste américaine et européenne et du retard de la mousson en Inde. La hausse des prix, résume M. Mansur, est due à toute une série de facteurs qui n’ont donc pas de relation évidente avec les réfugiés irakiens. En ce qui concerne la concurrence sur le marché du travail, Yusuf Mansur rappelle que si 230 000 Égyptiens travaillent en Jordanie, seuls 1 700 Irakiens bénéficient de permis de travail.

« En revanche, rappelle l’expert, les réfugiés irakiens sont venus avec des économies, ils paient des taxes pour entrer, pour leur résidence, pour leur visa… » Autant de dinars qui finissent dans les caisses de l’État. « Par ailleurs, la Jordanie est devenue la base arrière de nombreuses ONG et autres organismes liés aux Nations unies travaillant sur l’Irak. Ceci rapporte également de l’argent au royaume», souligne-t-il.

Loin des débats, les Irakiens, eux, observent leur pays de déliter et se préparent à un exil dont ils ne voient pas la fin.

Marseille,31Octobre2007
Rédaction
L'Orient-Le Jour


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